Irruption de l’Esprit !

Ou comment le P. Guy Lepoutre, jésuite depuis 62 ans, a laissé le Saint Esprit jaillir dans sa vie et a été témoin de son action dans le Renouveau charismatique français.

Tout a commencé le 31 décembre 1972. A la fin d’une réunion de jésuites, un de mes frères jésuites annonce : « je rentre des Etats Unis où j’ai rencontré des étudiants qui ont vécu une forte expérience du Saint Esprit, si vous voulez en savoir plus, rendez-vous après le repas ». Il raconta alors l’expérience d’un groupe d’étudiants de l’université Notre-Dame à South Bend dans l’Indiana, et j’ai été bouleversé par la manière dont le Saint Esprit est venu répondre à la soif de ces jeunes : Il avait « fondu » sur eux comme au jour de la Pentecôte, et avait profondément transformé leur vie.

En entendant cela, j’ai su que c’était ce que j’attendais, ce à quoi j’aspirais.

J’étais jésuite depuis  22 ans et alors professeur de philosophie au collège de Reims. Je baignais dans une atmosphère de soupçon : en philo, j’étais obligé de tenir compte des « maîtres du soupçon » (Freud, Marx, Nietzsche), et dans l’Eglise de l’après-Concile, le soupçon était partout : « d’où parles-tu ? comment peux-tu dire que tu parles à Dieu ? à quoi sert la prière de demande, puisque Dieu sait tout à l’avance ? » ; il n’était plus possible de parler simplement des vérités de la foi. Dans ce climat difficile, j’ai entrevu le jaillissement d’une source d’eau fraîche, et j’ai compris que cette expérience de Nouvelle Pentecôte m’était offerte.

Dès que je le pouvais, je montais à Paris pour voir les groupes de prière qui naissaient et deviendraient plus tard la Communauté de l’Emmanuel. Je buvais à grandes eaux cette nouvelle manière de prier, et moi, « honorable » (!) professeur de philosophie, je me retrouvais à louer de tout mon cœur, dans la simplicité des enfants !

Avec 4 autres personnes, nous avons commencé à prier ensemble dans une sacristie du collège de Reims, qui était obscure et sale… cela nous faisait penser aux catacombes ! Nous avions soif et allions chercher de la nourriture spirituelle surtout à l’Emmanuel. Lors d’un week end à Paris, un dominicain nous enseignait sur l’Eucharistie, alors que cette réalité était très contestée au sein même de l’église. Ce qu’il disait touchait nos intelligences et aussi nos cœurs, nous étions tous saisis par la beauté de ce mystère. A la fin, je suis allé le trouver pour lui demander ses notes et je fus bien étonné quand il me répondit qu’il n’avait pas de notes… « comment faites-vous donc ? », « j’ai prié cette nuit et le Seigneur m’a inspiré ». J’ai donc vu ce que pouvait être un charisme d’enseignement, et ce fut quelque chose qui transforma ma manière de préparer un enseignement.

Notre petit groupe de prière grandissait en nombre, et sa soif de recevoir l’effusion du Saint Esprit s’amplifiait.

Et un beau jour de mars 1974, nous sommes allés demander au groupe de prière qui se réunissait à l’Eglise Saint Germain des Près de prier pour que l’Esprit Saint vienne nous renouveler, nous transformer, nous envoyer… bref : nous voulions vivre cette nouvelle Pentecôte dans nos vies. Ils étaient tous très jeunes, et je m’amusais à penser que le professeur de philosophie que j’étais recevait cette grâce de renouvellement par la prière de jeunes gens à peine plus âgés que mes élèves ! La prière commença, c’était très beau. Une jeune fille me dit : « je vois beaucoup de buissons autour de votre cœur, le Seigneur les retire et tout est en train de prendre feu ». Je recevais une grâce de confiance en Dieu, et j’en étais bouleversé.

Je suis revenu à Reims dans la nuit, et le matin en priant, je me suis dit : « je suis très heureux ». Une autre voix en moi contredisait : « tu as déjà vécu des moments intenses dans ta vie, et cela n’a pas duré ». Mais la voix de l’Esprit Saint insistait : « cette grâce de confiance que tu as reçue hier t’est donnée pour de bon ». C’est ce qui est advenu !

Les groupes de prière se développaient en France, et nous étions plus de 1000 français présents au 1er Congrès international du Renouveau charismatique à Rome en 1975. Lors de l’Eucharistie du 19 mai présidée par Paul VI, un chant en langues s’éleva après la consécration, sous la haute nef de la Basilique Saint Pierre… ce fut quelque chose d’inoubliable. A la fin de cette messe, le Pape s’est adressé aux 12000 participants de ce Congrès : « L’Eglise et le monde ont plus que jamais besoin que le miracle de la Pentecôte se perpétue dans l’histoire… Comment ce ‘renouveau spirituel’ ne pourrait-il pas être une ‘chance’ pour l’Eglise et pour le monde ? ». Quelle joie ! l’Eglise confirmait officiellement le Renouveau !

Poussés par l’Esprit, les groupes se sont mis à évangéliser. J’étais alors en mission à Paris, et nous faisions de l’évangélisation sur les Champs Elysées : chants, témoignages et on parlait aux gens. Là encore, c’était une dynamique nouvelle dans l’Eglise de France où il y a avait beaucoup d’intellectualisme… et les groupes du Renouveau étaient dans la rue et donnaient un témoignage kérygmatique simple et direct !

L’Esprit nous a très vite conduit vers nos frères protestants. Le rassemblement à Strasbourg pour la Pentecôte 1982 fut comme l’apogée de l’engagement œcuménique convaincu et vigoureux du Renouveau. Dans le stade de la Meinau, la prière unissait des catholiques, des protestants, des orthodoxes et des juifs messianiques.

Hélas ! dans les années qui ont suivi, nous avons vécu un repli identitaire chez les catholiques charismatiques qui se sentaient perçus comme marginaux dans l’Eglise de France et ont alors opté pour une grande prudence vis-à-vis de l’œcuménisme.

Peu à peu, j’ai compris que ma vocation dans le Renouveau, c’était d’être un « pont ».

Tout d’abord, je gardais un pied dans le ministère ordinaire de la Compagnie de Jésus et un autre pied dans le Renouveau charismatique, avec la certitude intérieure qu’il me fallait tenir les deux, et éviter à tout prix les ségrégations. Puis, j’ai essayé de créer des liens, je fréquentais aussi bien la Communauté de l’Emmanuel, celle du Chemin Neuf, celle des Béatitudes, j’avais de très bons amis parmi les pasteurs protestants… et je souffrais car je voyais que les communautés nouvelles avaient alors tendance à défendre leur identité et ce faisant, elles se durcissaient un peu ; j’essayais d’autant plus d’être un pont.

Dans les années 1990, j’ai rencontré des personnes qui revenaient de Toronto où le Saint Esprit donnait de redécouvrir la paternité de Dieu. Comme dans la parabole du bon grain et de l’ivraie, il fallait discerner et retenir la grâce magnifique de ce rafraichissement que les gens vivaient dans leur relation au Père, et en même temps poser un regard critique sur des manifestations quand même un peu « redoutables » ! De ce mouvement sont nées les belles conférences annuelles « Embrase nos cœurs », conférences inter-confessionnelles où l’Esprit conduit à la communion entre chrétiens.

Je crois que la grâce du Renouveau, c’est que le Saint Esprit ne cesse pas de nous réveiller, de nous faire entrer magnifiquement dans le mystère de Dieu.

Après l’an 2000, est apparu ce qu’on a appelé le mouvement de la gloire, et ce qui m’a touché, c’est que c’était des groupes de prière de jeunes qui faisaient l’expérience de Dieu, dans une louange forte et poursuivie longuement dans l’adoration. Là encore, il fallait discerner, et garder ce qui est bon.

Pour conclure, je dirais que plus je chemine avec le Renouveau, plus je sens que sa grâce spécifique est liée à la pauvreté spirituelle : il nous faut écouter la voix du Saint Esprit avec un cœur de pauvre, tout en faisant attention à ce qui se passe dans le cœur des autres. On perd quelque chose d’essentiel quand on s’écoute d’abord soi-même, quand on devient propriétaire de la grâce qui est faite. Plus j’essaie de vivre la simplicité de l’enfant, tout en étant l’adulte que je suis avec ses références, sa formation, etc… plus le Saint Esprit est libre d’agir.

Merci cher Saint Esprit de tant de surprises et de dons au cœur de ma vie personnelle et de mon ministère de prêtre… Merci d’être si humblement et profondément dans nos cœurs… Merci de me faire aimer toujours plus Jésus et le Père, et de pouvoir les faire aimer à tant de frères et sœurs que tu me donnes de rencontrer.
Découvrez cette très bonne vidéo sur l’effusion du Saint Esprit dans l’histoire de l’Eglise, avec le Père Raniero Cantalamessa, Prédicateur de la maison pontificale (du Pape), Mary Healy, Théologienne…
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• Introduction

  • Historique du Renouveau charismatique catholique
  • L’Eglise primitive, le don de l’Esprit Saint et les charismes

– Le don du Saint Esprit

– Les charismes

– Le chant en langues

  • Le Renouveau charismatique et l’institution de l’Eglise
  • Un dynamisme œcuménique

Introduction 
Le but de la vie chrétienne, nous révèle Saint Séraphim de Sarov, est l’acquisition du Saint Esprit.
 » L’Esprit Saint viendra au secours de son Église par des voies exceptionnelles.
Aux moments décisifs de son histoire, il lui enverra des renforts inespérés.
Il suscitera en elle des miracles de force, de lumière, de pureté:
dans la hiérarchie, ou dans le peuple fidèle, des hommes et des femmes se lèveront ( … ).
Ils auront, pour annoncer leur message, tant de netteté dans le cœur ( … ),
que le monde, secoué de sa léthargie, croira ré-entendre les apôtres.
Ils feront des miracles, ils discerneront les esprits, ils parleront en langues.
Ils seront les vrais prophètes.
Ils prophétiseront ( … ) pour éclairer, à la lumière de la Révélation, le mouvement de leur époque et les besoins de l’humanité.
En eux reparaîtront, sous une forme adaptée aux conditions nouvelles de la vie de l’Église, les grâces charismatiques qui, au témoignage de l’Écriture, furent élargies aux premiers chrétiens (1 Co 12, 7-11).
Ces venues de l’Esprit dans l’Église, ces visites, pourront se borner parfois à des secours miraculeux.
Mais, le plus souvent, les manifestations charismatiques de l’Esprit Saint ne seront elles-mêmes que le signe extérieur, le contre-coup sensible d’une effusion surnaturelle, incomparablement plus précieuse encore, de grâce et de sainteté.  »
1951, Cardinal Charles JOURNET, « L’Église du Verbe Incarné « , Desclée de Brouwer, 11, pages 505-506.

Cardinal Suenens:

« Nous sommes aux prises avec la difficulté de parler d’une nouvelle effusion de l’Esprit, en

sachant que l’Esprit a déjà été donné au Baptême. La nouveauté est donc d’un type particulier ;

il s’agit d’une venue nouvelle de l’Esprit déjà présent, d’une effusion qui ne vient pas du dehors,

mais qui jaillit du dedans… Il s’agit d’un jaillissement, d’un épanouissement, d’une action de

l’Esprit qui dégage et libère des énergies intérieures latentes. Il s’agit d’une prise de conscience

plus accentuée de sa présence et de sa puissance » (Cardinal Suenens : Une nouvelle

Pentecôte, p.99)

(Source : http://www.renouveau.ch/pdf/Charte_Gp_RCC-SR.pdf, page 3)

« Répartissant ses dons à son gré en chacun (cf 1Co 12,11), [l’Esprit Saint] distribue aussi parmi les fidèles de tous ordres les grâces spéciales qui rendent apte et disponible pour assumer les diverses charges et offices utiles au renouvellement et au développement de l’Église, suivant ce qu’il est dit : « C’est toujours pour le bien commun que le don de l’Esprit se manifeste dans un homme » (1Co 12,7). Ces grâces, des plus éclatantes aux plus simples et aux plus largement diffusées, doivent être reçues avec action de grâce et apporter consolation, étant avant tout ajustées aux nécessités de l’Église et destinées à y répondre ».[1]

[1]   Lumen Gentium 12 de Vatican II : Documents conciliaires et postconciliaires, Ed. A. Flannery (Dublin : Dominican Publications 1975 p 363).

Historique du renouveau charismatique catholique :

Le Renouveau Charismatique Catholique (RCC) est un mouvement de l’Église Catholique qui vit le jour peu après le Second Concile du Vatican. On lui donne en général pour origine un week-end de retraite suivi par plusieurs étudiants ou autres membres de l’Université Duquesne de Pittsburgh en Pennsylvanie (USA) en février 1967. Un grand nombre de participants firent alors l’expérience d’une puissante effusion de l’Esprit en réponse à leur fervente demande à Dieu d’approfondir la grâce de leur baptême et de leur confirmation. Cette expérience de Pentecôte, jointe aux dons des langues, de prophétie et autres charismes, se propagea rapidement vers d’autres campus universitaires, et a continué de se propager à travers le monde, si bien qu’aujourd’hui, le RCC existe dans plus de 238 pays et a touché plus de 120 millions de catholiques.[2]

L’événement de Duquesne est né d’une part de l’influence d’autres chrétiens déjà baptisés dans l’Esprit d’autre part de l’impulsion de renouveau donnée par le Concile Vatican II.[3] Le mouvement Pentecôtiste avait déjà fait l’expérience du Baptême dans l’Esprit Saint depuis soixante ans et les diverses communions du Protestantisme historique depuis sept à dix ans.[4] Au week-end de Duquesne, les professeurs avaient déjà été baptisés dans l’Esprit grâce à des petits groupes domestiques de prière charismatique formés de chrétiens de différentes dénominations, et les étudiants s’étaient préparés par la lecture des chapitres 1 à 4 des Actes des Apôtres et d’un livre du prédicateur pentecôtiste David Wilkerson La croix et le poignard.

Rétrospectivement, on peut voir la Providence de Dieu mystérieusement à l’œuvre dans les évènements de l’Histoire, préparant cette nouvelle effusion de l’Esprit pour ce vingtième siècle. En 1897, à l’initiative de la Sœur (maintenant Bienheureuse) Elena Guerra, fondatrice des Sœurs Oblates de l’Esprit Saint, le Pape Léon XIII écrivit l’encyclique Divinum Illud Munus par laquelle il invitait toute l’Église à un renouvellement de la dévotion envers l’Esprit Saint. Le Pape demandait aussi aux catholiques de faire chaque année une neuvaine à l’Esprit Saint entre les fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte, tout particulièrement à l’intention de l’unité des chrétiens.

Le 1er janvier 1901, là encore à l’initiative de Sœur Elena, le Pape invoqua l’Esprit Saint sur le vingtième siècle en chantant, au nom de toute l’Église, l’antique hymne Veni Creator. Ce même jour, à l’autre bout du monde, à Topeka dans le Kansas, à l’École Biblique Bethel, il y eut une effusion de l’Esprit, qui est généralement considérée comme le début du Pentecôtisme. De là, les réunions de Renouveau de la rue d’Azusa à Los Angeles en 1906, sous la conduite de William J. Seymour, propulsa le mouvement Pentecôtiste dans tous les continents en moins de deux ans.[5] Aujourd’hui, on estime que plus de 500 millions de chrétiens dans le monde ont été baptisés dans l’Esprit Saint.[6]

Note lyonnaise :

Le renouveau est donc arrivé à Lyon par l’intermédiaire de Mike, un Jésuite américain. Le 1er groupe de renouveaua donc été créé en 1971 par Pierre Pelletier (fondateur de fraternité pentecôte et organisateur du rassemblement du Bourget avec 18000 personnes), dans lequel Laurent Fabre notamment a reçu l’effusion de l’Esprit Saint, avant de fonder le Chemin neuf. Ce groupe se réunissait à … la crypte Saint Vincent. Grossissant de manière démesurée, lorsque l’effectif a atteint 200 personnes (les gens étaient jusque dans l’escalier), le groupe s’est divisé dans toutes les paroisses.

L’église primitive, le don du Saint Esprit et les charismes :

Le don du Saint Esprit :

De la même façon, St Ambroise s’exclame: Buvons avec joie la sobre intoxication de l’Esprit ! [7] Ces pasteurs notent que le don du Saint Esprit apporte dans la vie d’un chrétien une joie si ineffable qu’elle ne peut être expliquée par aucun facteur terrestre. Cependant, à l’inverse de l’ivresse, elle élève au lieu d’obscurcir la raison ; elle conduit à la sainteté et à l’amour d’oblation, au lieu de conduire au péché et à un comportement dégradant.

St Cyprien de Carthage (mort en 258) donne un témoignage éloquent de cette expérience dans sa lettre à Donatus, où il relate ce qui s’est passé à son propre baptême :

Je descendis dans ces eaux qui donnent vie, et toutes les taches de mon passé furent effacées. Je donnai ma vie au Seigneur, il purifia mon cœur et me remplit du Saint Esprit. Ce fut pour moi une nouvelle naissance, je devins un homme nouveau. Puis, d’une manière tout à fait merveilleuse, tous mes doutes se dissipèrent. Je pouvais voir désormais ce qui m’avait été caché auparavant. Je m’aperçus que je pouvais faire des choses qu’il m’avait été impossible de faire auparavant. Je vis que tant que j’avais vécu selon la chair, j’étais à la merci du péché et je courais à la mort, mais qu’en vivant selon ma nouvelle naissance dans le Saint Esprit, j’avais déjà commencé de prendre part à la vie éternelle de Dieu…

Nous ne sommes pas obligés de suer sang et eau pour atteindre la perfection, et nous n’avons       pas besoin ni d’argent, ni d’influence pour obtenir le don du Saint Esprit. Celui-ci est donné gratuitement par Dieu, et il est toujours là à notre disposition. Tout comme le soleil brille et le jour apporte la lumière, tout comme le cours d’eau irrigue le sol et la pluie arrose la terre, le Saint Esprit se déverse en nous.[8]

Les Charismes dans l’Église Primitive :

Il y a des signes abondants de la présence des charismes dans l’Église primitive, y compris les « dons spirituels » de 1 Co 12. Au deuxième siècle, St Justin le Martyr (vers 100-165) écrit : Nous continuons d’exercer  les dons de prophétie, même jusqu’à l’heure actuelle[9]. St Irénée (vers 115-202) observe de même : Nous entendons que beaucoup de frères dans l’Église ont des charismes de prophétie et parlent toutes sortes de langues dans l’Esprit ; qu’ils amènent les secrets des hommes à la lumière pour leur plus grand bien, et exposent  les mystères de Dieu.[10]. Irénée atteste de nombreux miracles et autres signes de la puissance de l’Esprit :

Ceux qui sont véritablement ses disciples et reçoivent de lui sa grâce, opèrent des miracles en son nom pour le bien des autres, selon le don que chacun a reçu de lui. Car certains chassent véritablement les démons, de sorte que ceux qui ont été purifiés d’esprits mauvais deviennent fréquemment croyants et  rejoignent  l’Église. D’autres ont la connaissance de choses à venir : ils ont des visions, et font des prophéties. D’autres encore guérissent les malades en leur imposant les mains, et ils retrouvent leur intégrité. Oui, et qui plus est, même des morts ont été ressuscités, et ont vécu parmi nous durant de nombreuses années. Et que dirai-je de plus ? Il n’est pas possible d’énumérer tous les dons que l’Église à travers  le        monde entier a reçus de Dieu, au nom de Jésus Christ qui a été crucifié sous Ponce Pilate.            Ces dons, elle les exerce jour après jour pour le bien des gentils, sans tromper quiconque, et sans recevoir une quelconque récompense de leur part pour de tels miracles. Car de même qu’elle a reçu gratuitement de Dieu, de même c’est gratuitement qu’elle soigne.[11]

Plusieurs Pères parlent des charismes comme d’un accompagnement normal du rite de l’initiation chrétienne. Dans son traité On Baptism, Tertullian (vers160-225) écrit : C’est pourquoi, vous les bénis, que la grâce de Dieu attend,  lorsque vous ressortez du bain très saint de la nouvelle naissance, lorsque vous vous étirez pour la première fois dans la             maison de votre mère, avec vos frères, demandez à votre Père et Seigneur le don spécial de son héritage : les charismes distribués.[12]

Cyril de Jérusalem, de la même façon, exhorte les candidats au baptême : « Que chacun se prépare à recevoir le don céleste de prophétie… Mes dernières paroles, mes bien-aimés, dans cette instruction sont des paroles d’exhortation, je vous recommande à tous de préparer vos âmes à recevoir les charismes célestes. »[13] 

Hilaire de la même manière exhorte les Chrétiens à exercer les charismes : Faisons usage de dons si généreux ![14] Il dit ailleurs : « Nous qui sommes re-nés par le sacrement du baptême, nous faisons l’expérience d’une joie intense lorsque nous ressentons les premiers frémissements du Saint Esprit. Nous commençons à recevoir une lumière sur les mystères de la foi; nous sommes capables de prophétiser et de parler avec sagesse. Nous devenons fermes dans l’espérance et recevons de nombreux dons de guérison. Les démons deviennent soumis à notre autorité. Ces dons pénètrent en nous comme une douce pluie, et petit à petit, ils portent des fruits abondants. »[15]

St Augustin (354-430), on le sait, changea d’avis sur les charismes. Durant le troisième siècle, l’usage des dons spirituels avait décliné, en partie à cause de l’essor de l’hérésie Montaniste, caractérisée par des abus et des excès dans l’usage des charismes.[16]  En réaction à cette hérésie, on tendit à s’éloigner de l’activité charismatique. Dans ses premières années, Augustin écrivit que, bien que les charismes eussent été nécessaires à l’âge apostolique, ils n’étaient plus nécessaires à l’Église, maintenant qu’elle avait atteint sa maturité. Mais plus tard, après avoir été témoin de nombreuses guérisons miraculeuses dans sa propre cathédrale à Hippone, il réalisa que l’Église a bien besoin de ces dons. Il écrivit plus tard dans ses Rétractions,

Il est bien vrai que les malades ne sont pas toujours guéris… Mais on ne doit pas penser que ce que j’ai dit signifie que l’on croie qu’aucun miracle ne se produise aujourd’hui au nom du Christ. Car au moment  même où j’écrivais… un aveugle a recouvré la vue dans la ville (de Milan), et tant d’autres choses du même genre se sont produites, même à l’heure actuelle,          qu’il n’est pas possible de toutes les connaître, ni de compter toutes celles dont nous avons             effectivement connaissance.[17]

Dans La cité de Dieu, Augustin fait le récit de nombreuses guérisons frappantes dont il a été  témoin.[18]  Un jour qu’un frère et une sœur avaient été guéris d’une terrible maladie, il raconte qu’ « un tel émerveillement s’empara des hommes et des femmes rassemblés qu’il semblait que les exclamations et les larmes ne s’arrêteraient jamais… Ils proclamaient les louanges de Dieu sans paroles, mais en faisant tant de bruit que nos oreilles pouvaient à peine le supporter. »[19]  Dans un sermon Augustin exhorte sa congrégation, « Notre Seigneur Jésus Christ a rendu la vue à l’aveugle, il a ressuscité Lazare… Que personne, donc, mes frères, ne dise que notre Seigneur Jésus Christ n’accomplit pas ces choses maintenant et pour cette raison préfère le début de l’Église à l’âge présent. »[20]

L’exercice des charismes était étroitement lié à la conscience du combat spirituel et à l’autorité spirituelle que possèdent les chrétiens au nom de Jésus. St Justin Martyr relate de nombreux exorcismes réalisés par des chrétiens, attestant la vérité de l’évangile :

Jésus est né par la volonté de Dieu le Père, pour le salut des croyants et la destruction des démons. Et  ceci, vous pouvez maintenant l’apprendre grâce à  ce que vous voyez de vos   propres yeux. Car dans le monde entier et dans votre ville (Rome) il y a de nombreux démoniaques que tous les autres exorcistes, sorciers et magiciens ne pouvaient pas guérir,      mais que nos chrétiens ont guéris et guérissent effectivement, mettant les démons qui les possédaient hors de combat, et les chassant au nom de Jésus Christ qui a été crucifié sous        Ponce Pilate.[21]

Dans La vie de Saint Antoine,  St Athanase décrit le combat spirituel dans lequel les pères du désert ont été constamment engagés. Athanase rapporte qu’Antoine délivra de nombreuses personnes de l’oppression démoniaque, et qu’il était lui-même souvent tenté et attaqué par de mauvais esprits ; mais qu’il sortait victorieux de ces attaques par la foi et la prière.

Le don des langues :

Après le 2ème siècle, on trouve peu d’écrits sur le don des langues. Cependant, cela ne veut pas forcément dire que ce don disparut de l’Église. Il est clair que le phénomène biblique des langues continua, mais avec une terminologie différente et peut-être d’une manière différente. De nombreux Pères parlent de « jubilation », qui est une forme de prière et de chant à haute voix sans mots, qui semble très proche du don des langues, tel que nous l’expérimentons aujourd’hui.[22]  St Augustin le décrit ainsi : Celui qui jubile n’émet pas de mots, mais un certain son de joie sans mots : car c’est la voix de l’âme qui s’épanche en joie, et qui exprime, autant que cela est possible, ce qu’elle ressent, sans réflexion sur la signification. Dans la joie de son exultation, la personne utilise des mots    qui ne peuvent être dits et compris, mais elle laisse simplement sa joie jaillir sans mots ; sa voix semble alors exprimer un bonheur si intense qu’elle ne peut l’expliquer.[23]

Augustin exhorte sa congrégation à jubiler : « Réjouissez-vous et parlez. Si vous ne pouvez pas exprimer votre joie, jubilez : la jubilation exprime votre joie si vous ne pouvez pas parler. Que votre joie ne reste pas silencieuse. »[24] 

St Grégoire le Grand explique : Mais lorsque nous concevons une telle joie dans notre cœur que nous ne pouvons pas lui donner libre cours par la force des mots, et que cependant le triomphe du cœur exhale  par la voix ce qu’il ne peut rendre par la parole, nous appelons cela jubilus. Alors on dit à juste titre que la bouche est remplie de rire, les lèvres de jubilation, puisque dans cette contrée éternelle, lorsque l’esprit du juste est transporté de joie, la langue s’élève en un chant de louange.[25]

Il se peut que cette joie qui déborde en louange sans mots soit ce que Paul appelle prier avec l’Esprit et chanter avec l’Esprit (1 Co 14,15),par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés par l’Esprit (Col 3,16 ; Ép 5,19). L’adoration dans l’Église primitive était souvent assez démonstrative, et les membres de la congrégation disaient à haute voix des paroles de louange et d’action de grâce. Soupirs, larmes, chants spontanés, applaudissements étaient courants.[26] Pendant des siècles, la jubilation sur des mélodies improvisées a fait  partie de façon ordinaire de la liturgie, constituant une partie de la base de la musique d’Église médiévale.

Il est évident, à partir des exemples donnés ici, que l’expérience du baptême dans l’Esprit dans le Renouveau Charismatique, bien que d’une certaine façon unique en notre temps, dans sa forme et son expression, a des racines profondes dans la tradition de l’Église. Il est hors de portée de ce document de discuter de l’activité charismatique de l’Esprit dans l’Église depuis la fin de l’ère des pères jusqu’à notre époque. Cependant, il faut noter que tout l’éventail des charismes expérimenté dans le Renouveau Charismatique s’est manifesté en différents lieux et époques, particulièrement dans la vie de saints tels que Bernard, François d’Assise, Gertrude la Grande, Ignace de Loyola, François Xavier, Thérèse d’Avila, Vincent de Paul, Jean-Marie Vianney, Jean Bosco, et de nombreux autres.

Le Renouveau Charismatique et l’institution de l’Eglise :

Le Cardinal Suenens écrivait en 1986, « aussi longtemps que nous n’envisageons le Renouveau charismatique que comme un mouvement spirituel parmi d’autres, nous perdons de vue sa grâce spécifique qui est d’imprégner toute l’Église. En fait, ce n’est pas un mouvement au sens sociologique habituel du terme… Il peut mieux être décrit comme courant de grâce… un mouvement ou un souffle de l’esprit Saint, valide pour tout chrétien » (Demeurer dans l’Esprit. Document de Malines 6,2)

Le Pape Jean-Paul II a fait l’exhortation suivante au RCC en 2004 : « Grâce au mouvement charismatique, une multitude de chrétiens, hommes et femmes, jeunes et adultes ont redécouvert la Pentecôte comme une réalité vivante dans leur vie quotidienne. J’espère que la spiritualité de Pentecôte se propagera dans l’Église comme un nouvel encouragement à la prière, à la sainteté, à la communion et à la proclamation (de la foi) »[27]. A une autre occasion il a poussé les responsables du RCC à raider à rendre vivante « la culture de Pentecôte »[28] Ce message a été repris par le pape Benoît XVI[29].

On peut voir dans ces développements une partie de la réponse divine à la prière du Pape Jean XXIII demandant à tous les catholiques de prier pour le Concile de Vatican II : « Seigneur, renouvelle tes merveilles en notre temps par une nouvelle Pentecôte ! »

Depuis lors, les papes ont parlé d’une manière cohérente et vigoureuse du besoin qu’a l’Église, d’un nouvel embrasement du feu de Pentecôte. En réponse à la question : de quoi l’Église a-t-elle le plus besoin, le pape Paul VI répondit « l’Esprit, le Saint Esprit… l’Église a besoin de sa Pentecôte perpétuelle ; elle a besoin du feu en son cœur, des paroles sur ses lèvres, de la prophétie pour son horizon ». En 1998 Jean Paul II exhortait un demi million de représentants des mouvements de laïcs réunis à Rome : « Aujourd’hui, je voudrais pousser un cri à vous tous rassemblés ici dans le square de Saint Pierre et à tous les chrétiens : ouvrez vous vous-mêmes docilement aux dons de l’Esprit ! Acceptez avec reconnaissance et docilité les charismes que l’Esprit ne cesse jamais de nous accorder ! »

Le pape Benoît a poursuivi cet insistant message. En 2008, aux journées mondiales de la jeunesse en Australie : « Ensemble nous invoquerons l’Esprit Saint demandant avec confiance à Dieu le don d’une nouvelle Pentecôte pour l’Église et pour l’humanité en ce troisième millénaire ».[30]

Durant sa visite aux États-Unis la même année, le pape priait ainsi : « Implorons de Dieu la grâce d’une nouvelle Pentecôte pour l’Église en Amérique. Que des langues de feu, combinant l’amour de Dieu et du voisin avec le zèle pour la propagation du Royaume du Christ, puissent descendre sur tous ceux ici présents ! »[31] Et à l’ouverture du synode spécial pour l’Afrique, il déclara que « Pentecôte n’est pas seulement un évènement du passé, les débuts de l’Église, mais… c’est aujourd’hui, plus, c’est maintenant : Nunc Sancte nobis Spiritus. Nous prions que le Seigneur accomplisse maintenant l’effusion de son esprit et récrée son Église et le monde »[32].

Ce document a été tiré en grande partie d’un document intitulé « le baptème dans l’Esprit Saint », fait par l’International Catholic Charismatic Renewal Services (ICCRS), vous pouvez le demander en écrivant à l’adresse mail de Sion

Interview du Père Raniero Cantalamessa, Capucin, né en 1934, qui est Prédicateur de la Maison Pontificale où il donne une Prédication, chaque semaine en Avent et en Carême, en présence du Pape, des cardinaux, évêques et prélats de la Curie romaine et des supérieurs généraux des ordres religieux.

Benoît XVI est-il sensible au Renouveau ?
Comme Jean-Paul II, que j’ai vu chanter en langue et lever les mains pendant la prière, Benoît XVI est bien disposé à l’égard du Renouveau. Evidemment, Benoît XVI donne aussi – et c’est son devoir- des directives, il indique les dangers à éviter et exhorte à vivre dans la communion avec les évêques locaux.

Jean-Paul II avait-il reçu le baptême dans l’Esprit ?
S’il l’a reçu, il n’a jamais rendu public ce fait. Il avait des traits charismatiques, comme a pu le révéler le préfet de la Maison pontificale, le cardinal Martin. Il a pratiqué l’exorcisme, il croyait aux charismes de guérison, de libération. Il avait une solide structure « traditionnelle » mais aussi un esprit ouvert et libre. L’esprit charismatique se caractérise comme un esprit de liberté. Saint Paul le dit : « Là où il y a l’esprit de Dieu, il y a la liberté ». Nous sommes beaucoup plus spontanés, plus libres sous l’influence de l’Esprit.

La grâce du Renouveau a-t-elle soufflé uniquement sur les laïcs ? On a du mal à imaginer un cardinal chanter en langue…
Le cardinal Suenens, le cardinal Martini ont reçu l’effusion de l’Esprit. Proportionnellement, je ne crois pas qu’il y ait plus de laïcs charismatiques que de clercs charismatiques. Il est vrai que certains membres de la hiérarchie catholique ont eu beaucoup de peine à accepter la grâce du Renouveau. Il y a une raison objective à cela : ils sont pasteurs de tous les mouvements et ne veulent pas s’identifier à un. Il y a une autre raison, plus subjective celle-là : la peur du changement, de la nouveauté. J’en parle d’autant plus librement que c’est une difficulté que j’ai dû moi-même surmonter.

Comment définiriez-vous la nouvelle Pentecôte ?
Jean XXIII a appelé par ses prières cette nouvelle Pentecôte sur l’Eglise.[…]

Il faut sans cesse répéter que la Pentecôte n’est pas une grâce réservée à certains mais qu’elle est pour toute l’Eglise. Le Renouveau charismatique n’est pas un mouvement à côté d’autres mouvements, pour certaines personnes. Il est comme une flamme qui doit enflammer toute l’Eglise. Yves Congar le comparaît à « un feu de brousse ». Et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé puisque d’une dizaine d’étudiants qui ont commencé à se réunir pour prier il y a 40 ans, nous sommes passés à plus de 100 millions de chrétiens touchés par le Renouveau à travers le monde. C’est quelque chose d’unique dans l’histoire de l’Eglise.

« L’Esprit Saint, écrivez-vous, est à l’œuvre pour restaurer des relations blessées, notamment pour aider à l’Unité des chrétiens divisés ». Comment ?
– L’œcuménisme théologique et doctrinal doit s’accompagner d’un œcuménisme spirituel, car sinon il n’avance pas, voire même il bloque et recule. Le cardinal Walter Kasper (président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, NDLR) insiste lui aussi sur la nécessité de promouvoir cet œcuménisme spirituel qui permet de travailler ensemble dans un climat de prière et d’amitié. J’ai eu le privilège, il y a quelques années, de donner des leçons dans un grand séminaire du Kentucky, devant des pasteurs méthodistes et d’autres confessions chrétiennes, présent aussi l’évêque catholique du lieu. Il y avait un tel climat d’amitié et d’unité que le responsable du centre le définit un « événement eschatologique ». On m’a appelé, moi catholique, à donner des leçons sur la Lettre de Paul aux Romains dans une rencontre de Luthériens en Danemark ; j’ai donné une retrait à 70 pasteurs luthériens de Suède et ce mai dernier j’y suis revenu pour donner des méditations à environ deux milles croyant de cette Eglise. Si nous voulons ré évangéliser l’Europe, le monde, il nous faut tendre de toutes nos forces vers l’Unité : tant que les chrétiens apparaîtront profondément divisés, il sera difficile de croire témoignage en leur témoignage.

(Source : http://www.cantalamessa.org/fr/articoloView.php?id=194)

Un dynamisme œcuménique

Alors que les origines du Renouveau dans l’Église Catholique montrent qu’il n’est pas seulement le fruit reçu par le ministère d’autres chrétiens, il y a toutefois eu une influence significative des pentecôtistes et protestants qui avaient déjà reçu cette grâce[33]. Le Baptême dans le Saint Esprit a ainsi reçu dès l’origine une impulsion oécuménique. Les catholiques dans le Renouveau on fait l’expérience d’une fraternité spirituelle élargie avec les chrétiens d’autres dénominations ayant reçu la même grâce, fondée sur l’expérience commune d’une conversion plus profonde au Christ, se manifestant de manière particulière dans la louange et la prière. Ces deux dimensions correspondent bien aux deux traits importants repris dans le décret du Concile sur l’oécuménisme et dans l’Encyclique « Ut unum sint » de Jean Paul II[34].  Ainsi que le Cardinal Léon-Joseph Suenens l’avait écrit: le Renouveau est une grâce pour l’Église à bien des titres, mais c’est aussi une grâce vraiment très spéciale pour l’œcuménisme[35].

[1]   Lumen Gentium 12 de Vatican II : Documents conciliaires et postconciliaires, Ed. A. Flannery (Dublin : Dominican Publications 1975 p 363).

[2]   Dans l’Encyclopédie du Monde Chrétien : Analyse comparée des Églises et Religions du monde moderne (2ème Édition chez Oxford University Press 2001) : par David Barrett, George Thomas Kurian et Todd M. Johnson

[3]   Historiquement, ce réveil est venu à nous du Pentecôtisme classique et tout autant de ce que l’on appelle Néo-Pentecôtisme; cf. Cardinal Léon-Joseph Suenens: Œcuménisme et Renouveau Charismatique : Orientations théologiques et pastorales,  Document de Malines  2 (Servants Books 1978 : 19 ; Ann Harbour Michigan)

[4]   Cf. Cardinal Walter Kasper : « Le Baptême dans le Saint Esprit a une signification fondamentale pour  elles » (Conférence au Collège des cardinaux  le 23 novembre 2007, PCPCU Service d’Information, 126 [2007 IV] pp 187-188

[5]   Voir Cecil M.Robeck Jr : Le réveil et la mission d’Azusa Street : Naissance du Mouvement pentecôtiste (Thomas Nelson, 2006, Nashville Tennessee); et Allan H. Anderson : Une introduction au Pentecôtisme : Global Charismatic Christianity (Cambridge University Press 2004)

[6]   Pew Forum sur «  Religion et vie publique  » Pentecôtisme (http://pewforum.org/docs/?DocID=140,  consulté le 1er octobre 2010)

[7] Cité dans ibid., 1. Voir aussi Augustin, Sermon 225.

[8] Treatise to Donatus on the Grace of God, paraphrasé par Anne Field dans From Darkness to Light. What it Meant to Become a Christian in the Early Church (Ann Arbor : Servant, 1978), 190-92.

[9] Dialogue avec Tryphon

[10] Contre les Hérésies 5.6.1.

[11] Contre les Hérésies 2.32.4.

[12] Sur le Baptême, 55

[13] Catechical  Lectures, 17.19;18.32 ; cf. 17.37

[14] Sur la Trinité 2,35

[15]  Traité sur les Psaumes 64,14-15

[16] Pour d’autres hypothèses sur la raison du déclin, voir McDonnell et Montague, Christian Initiation,116-132

[17] Retractions,I.13.7.

[18] Cité de Dieu, XXII.8.

[19] Cité de Dieu XXII,8

[20] Sermon 38,2

[21]  Seconde Apologie 6.5-6

[22]  Les Pères ne parlaient pas de la jubilation comme d’un « parler en langues » (glossolalia), probablement parce qu’ils associaient les langues avec le phénomène de Pentecôte des Actes 2, où les langues entendues étaient des langages humains réels, plutôt que des paroles non conceptuelles. Voir Eddie Ensley, Sounds of Wonder. A Popular History of Speaking in Tongues in the Catholic Tradition (New York: Paulist, 1977), 111-19.

[23] Sur les Psaumes 99.3.

[24] Sur les Psaumes 97,4

[25] Moralia,  cf.  24.10 ; 28.35. Voir aussi Pseudo-Jerome, Breviarium in Psalmos, XXVI;

Cassiodorus,  Ps 32.3 ; 80.1 ; 97.5. Isidore of Seville, Opera Omnia, V.43

[26] Voir Tertullian, Apology, 39; Egeria, The Diary of a Pilgrimage, trans. George E. Gingres (Paramus, NJ: Newman Press, 1970), 92; F. Van Der Meer, Augustine the Bishop (New York: Sheed and Ward, 1961), 339; Ensley, Sounds of Wonder, 2-3. Les mystiques médiévaux tels que Richard Rolle (1300-1349) ont aussi écrit sur la jubilation: « Dans les profondeurs de son être, il y a la louange de Dieu et le chant de jubilation, et sa louange éclate tout fort » ; Dieu « me révélerait le chant que je désire ardemment comprendre, et il rendrait mon joyeux cri compréhensible. » Rolle, The Fire of Love,32-34, trans. Clifton Wolters (Harmondsworth, U.K / Baltimore : Penguin Books, 1972), pp 146, 153.

[27] Homélie des vêpres du 29 Mai 2004. Pour une compilation de tous les messages des papes au Renouveau charismatique catholique, voir « Alors Pierre se leva » Collection des allocutions des papes au RCC depuis l’origine jusqu’en l’an 2000 (ICCRS 2000).

[28] Audience aux membres du comité national de service et au conseil de l’association italienne du renouveau dans l’Esprit, 14 mars 2002

[29] Benoît XVI audience générale du 28 septembre 2005.

[30] Benoît XVI, XXIIIème journées mondiales de la jeunesse, Sydney, Australie, 23 juillet 2008

[31] Benoît XVI, Homélie à la cathédrale Saint Patrick New-York 19 avril 2008

[32] Benoît XVI, Allocution donnée à l’ouverture de la première congrégation générale de la seconde assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques le 5 octobre 2009

[33] Le Renouveau dans l’Esprit, tel que nous l’entendons aujourd’hui, se manifeste comme un évènement véritablement similaire dans la plupart des Églises et Dénominations Chrétiennes (Cardinal Suenens, Œcuménisme et Renouveau Charismatique, 21)

[34] Quand des chrétiens prient ensemble, l’objectif d’unité semble plus proche (Ut unum sint, 22)

[35] Œcuménisme et Renouveau Charismatique, 22

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